Pourquoi j’écris des femmes qui se reconstruisent


On me pose souvent la question. Pourquoi toujours des femmes abîmées ? Pourquoi pas des héroïnes qui n’ont pas à se relever de quelque chose ?

La réponse est simple : parce que je ne connais pas beaucoup de femmes qui n’ont pas eu à traverser quelque chose de difficile. Et parce que ce qui m’intéresse, ce n’est pas la chute — c’est ce qui se passe après.

Ce n’est pas du misérabilisme

Quand j’écris une femme qui se reconstruit, je n’écris pas une victime. J’écris quelqu’un qui a pris un coup — une rupture, une trahison, une maladie, une emprise, une vie qui s’est effondrée d’un coup — et qui décide, pas spectaculairement, pas en une nuit, de continuer quand même.

Ce qui m’attire dans ces trajectoires, c’est leur vérité. La reconstruction n’est jamais linéaire. Elle n’est pas propre. Il y a des jours où on recule. Des jours où on croit qu’on a tourné la page et où la page se rouvre toute seule. Mes héroïnes connaissent ça. Elles n’avancent pas comme dans un film — elles avancent comme dans la vie.

Ce que j’essaie d’éviter

Le piège de ce type d’histoires, c’est le rachat par l’amour. L’homme qui arrive et qui répare tout. Le happy end qui efface. Je n’y crois pas, et je ne veux pas l’écrire.

Dans mes romans, l’amour peut exister — et il existe souvent — mais il n’est pas une solution. Il est un risque supplémentaire que la femme choisit de prendre, parce qu’elle a décidé de ne plus laisser sa peur décider à sa place. C’est différent. C’est beaucoup plus intéressant.

Ce que les lectrices me disent

Les messages qui me touchent le plus ne parlent pas de l’histoire. Ils disent : j’ai eu l’impression que tu avais écrit ce que je n’arrivais pas à formuler. Ou : j’ai pleuré mais je me suis sentie moins seule.

C’est pour ça que j’écris des femmes qui se reconstruisent. Pas pour montrer qu’on peut tout surmonter — mais pour dire que traverser quelque chose de dur ne vous définit pas, ne vous réduit pas, ne vous ferme pas. Que de l’autre côté, il y a encore vous. Peut-être différente. Peut-être plus proche de vous-même qu’avant.

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